La Nonne

Samedi et dimanche 29 et 30 août 2015:

Après avoir changé de destination à la dernière minute et reculé la date d’une semaine pour des raisons professionnelles (heureusement, car à la date retenue initialement, les conditions météo étaient des plus médiocres !) les inscriptions ont commencé à arriver ; au début 3 personnes, puis 4, puis 5, enfin 7 et pour finir 5. Pas facile de réserver des places pour une cabane. Heureusement, dans une petite section on peut fonctionner encore comme ça, mais pas toujours facile…

Départ, donc, pour Chamonix. Le même week-end que l’X-trail du Mont-Blanc c’est un peu la jungle dans la station. Mais pas d’attente pour prendre le train du Montenvers. Arrivés à la station supérieure, les échelles pour descendre sur la Mer de Glace, le coup d’œil toujours aussi impressionnant sur les Drus et on commence à quitter la foule. Là, rencontre avec l’ami « zuzu » et un client au beau milieu du glacier ; ce serait difficile de l’organiser ! Il nous conseille le nouveau chemin aménagé pour accéder au refuge de Charpoua. En effet, belle montée équipée d’échelles et de mains courantes, en zig-zag dans un méandre de dalles et de vires, panorama superbe sur le Mont Blanc du Tacul, la dent Du Géant, l’arête de Rochefort et toutes les aiguilles qui nous entourent qui ont toutes un bout d’histoire de l’alpinisme à nous raconter. Le parcourt est plus long que l’accès normal par les échelles des Egralets mais ça vaut la peine si on a le temps. Compter au moins 4 heures avec les pauses, se protéger la peau c’est en plein soleil.  Nous avons un peu souffert du chaud, Isotherme du 0° : 4700 mètres ! Arrivés au refuge du Couvercle, réhydratation et reconnaissance de l’attaque pour le lendemain ont occupés le reste de la journée. Vu l’été torride, les glaciers sont bien ouverts ; il faut trouver un passage entre les crevasses. S’il y a des ponts, ils sont gros et solide ou alors, il y en a plus. Les rimailles sont larges mais ça passe… Pour l’attaque c’est bien de voir de jour, car le matin, de nuit, c’est moins évident. L’arête des Ecclésiastiques est composée de l’Aiguille du Moine, La Nonne, l’Evêque, l’Enfant de Cœur et le Cardinal ; pour finir sur l’imposante Aiguille verte. Je ne sais pas qui a donné des noms pareils mais on peut noter que  « la nenette et le gamin » ont été coincés, chaque fois, entre deux pervers… Bizarre !

Concernant le refuge du Couvercle ; l’équipe et accueillante et très conciliante (demandé au Président, Francis !), les dortoirs propres et la nourriture de qualité. On peut que le recommander. La vue superbe sur le glacier de Talèfre et la face Nord des Grandes Jorasses valent déjà la peine de monter jusqu’ici.

Le lendemain, réveil 0445, il fait déjà chaud mais la glace est dure. A l’attaque, petit passage « merdique » dans une cheminée pourrie et humide ; si on fait la course plus tôt dans l’année, certainement que ce passage est dans la neige dure. Après, le rocher est beau et la progression évidente. L’accès aux deux premières tours sommitales n’est pas facile, mais  en les contournant par une large vire, l’escalade de la troisième et superbe. Là, on peut faire une petite pause. Puis début de la descente pour arriver au « Rasoir », magnifique passage très aérien sur le fil de l’arête de 130 m. environ ; pas difficile mais pas évident à protéger ; en cas de chute, joli pendule en perspective avec arrêt sparadrap obligatoire… La fin de la descente se fait par une suite de vires et de rappels, pour finir au pied d’un couloir où de grosses chutes de pierres récentes et un glacier très ouvert nous attendent.

Retour sur le refuge pour boire une citerne d’eau, et payer le gardien. Puis départ rapide sur les échelles des Egralets et le Montenvers si on veut attraper le dernier train pour Chamonix. Sinon ça rallonge un peu la course… Merci aux participants et à l’année prochaine.

André Mottier