Couronne de Bréona

Week-end du 17 et 18 août 2013

Sur proposition de mon collègue « éclopé » et co-organisateur Francis, cette jolie course d’arête dans le val d’Anniviers, surplombant le lac de Moiry, marquerait bien cette année anniversaire des deux sociétés alpines du Pays-d’Enhaut. 4 personnes, seulement, inscrites pour cette course, car le calendrier des manifestations était important et plusieurs prétendants accidentés. Ce sont Xavier Ecoffey, Marcel Henchoz, Willy Beaud et André Mottier qui ont profité de ce magnifique week-end de soleil. Côté positif, deux cordées de deux personnes, sur une course d’arête, c’est rapide et efficace.

En raison du petit nombre d’inscriptions, j’ai un peu tardé à réserver le refuge. Résultat, plus de place à la cabane Moiry, ni au gîte du barrage. Alors, vu la météo, la tente a bien fait l’affaire.

Petits souvenirs, pour ceux qui ont vécu cette époque de service militaire où « nous », vaillants petits soldats, défendions nos frontières sur l’Alpe contre « les méchants » qui portaient la couleur rouge et venaient toujours de l’Est ! Alors « nous », qui portions la couleur bleue, donc la couleur des « gentils », triomphions de cet envahisseur qui était là pour voler nos fromages, notre chocolat et la recette du « cenovis » ! Aujourd’hui, les guerres sont économiques, les fortifications ont des noms de sociétés multinationales et les descendants des troupes « Waldstetten » combattent assis derrière des ordinateurs…Conclusion : on s’est gelé les fesses pour rien !

Donc samedi matin, 0800, départ de Château-d’Oex avec un seul véhicule, petit café en route, puis arrivée au fond du lac de Moiry. Montée sur la moraine en direction de l’attaque de la course du lendemain, étude du topo et quelques photos. Retour à la voiture et pic-nic.

L’après-midi, nous avons parcouru une « via ferrata » qui s’est ouverte dernièrement. Son départ se situe au pied du barrage, rive droite. Il y a des places de parc et un plan. Approche 15 minutes. Sortie au-dessus du barrage vers un vieux bunker militaire. 230 mètres de dénivelé, bien vertical, avec plusieurs passages déversant, je ne la conseille pas pour des enfants ou des personnes qui n’ont pas de bras. L’équipement est super-nickel-crome.  Attention aux pierres, il est courant d’y rencontrer des bouquetins ; on est chez eux tout-de-même !!!

Retour en traversant le barrage, puis un bon chemin vous ramène au parc. Au barrage, il y a un restaurant avec une jolie terrasse, que nous avons bien sûre testé pour vous.

Après avoir choisi une place pour camper, nous sommes redescendus sur Grimentz pour le repas du soir. C’était beaucoup plus simple à organiser, vu la proximité de la station. Un petit apéro, un bon morceau de viande et une bouteille de bon vin rouge pour le sommeil. Puis retour sur le barrage ; montage des tentes, préparation du thé pour le lendemain, formation des cordées et préparation des sacs occupent le solde de la soirée. Puis dodo !

0500, le réveil sonne. Tout le monde debout, déjeuner, plier les tentes, dernier contrôle des sacs. 0537, départ. Alors là, quitte à passer pour un vieux « macho », avec des filles c’est impossible à faire !

Départ donc, aux premières lueurs du jour. Nous remontons la moraine, puis le pierrier en suivant les « cairns », un chemin bien marqué arrive enfin au col de la Couronne ; d’un pas de randonneur normal, il faut compter 1H30. Attention, la descente du col de l’autre côté, n’est pas très engageante…

Attaque de l’arête par un joli gendarme, escalade facile dans du degré 3 à 4, de l’autre côté, 3 rappels équipés « tip-top ». Puis, la suite de la course est une série de petits gendarmes à escalader et de petites arêtes. Passages sans grandes difficultés, avec du vide juste ce qu’il faut. Mais c’est une jolie course de montagne ludique et accessible.

Arrivés au col de Breona, nous avons poursuivi l’arête, passé un sommet sans nom, qui nous mène au col du Tsaté. De là, passe un bon sentier pédestre qui relie de val d’Anniviers au val d’Hérens. Retour au véhicule dans la bonne humeur avec une superbe flore.

Arrivé à Château-d’Oex, le soleil et le gazon nous attendaient avec une petite « Fée verte », tradition hautement importante d’une course réussie. Merci pour la bonne compagnie.

A. Mottier