Petits états d’âmes d’un chef de course

Faut-il choisir un but de course pour son propre plaisir ou pour le plaisir des participants ?

Cette grande question ressort à chaque fois que l’on ouvre un topo de voies d’escalade ou un ouvrage proposant des courses de haute montagne. Les organisateurs doivent avoir le niveau de leurs objectifs (j’espère), et les participants préinscrits l’ont aussi (en principe).

Mais qui va s’inscrire la dernière semaine en lisant le journal du Pays-d’Enhaut ? Qui va s’inscrire le vendredi soir ?  Je n’ai jamais eu à refuser quelqu’un pour sa participation à une course, et j’espère n’avoir jamais à la faire. Je ne voudrais pas qu’il, ou elle, le prenne mal…

Mais je soulève la question !  Comment arriver à garder notre façon de faire, c’est-à-dire : accessibilité à toute personne pour une course organisée, avec une petite réserve sur sa condition physique du moment. Et le système super rigide, mais conforme aux règlements, de la section de Lausanne ?

Jusqu’à quand pourrons-nous passer « entre les gouttes » des règlementations et des formations obligatoires pour les personnes qui veulent simplement faire une course de montagnes entre amis ?

Bref, de nos jours, plus rien n’est simple. Mais il est vrai que lors d’un accident, les suites juridiques et financières peuvent prendre des proportions qui vont vous dégouter à vie des activités de bénévolat.

Avec Francis, nous avons toujours beaucoup de projets. Mais la destination de « la grande course » est définie 2 semaines avant la date. Selon les conditions en altitude de l’été, et diverses informations. Nous réservons entre 8 et 10 places. Les gardiens ont les gens du Pays-d’Enhaut « à la bonne » car ils nous ont rarement refusés, même en plein mois d’août. Mais en contre- partie il faut confirmer les places le jeudi soir, respecter le gardien et comprendre les problèmes qui sont liés à l’organisation de sa cabane. S’excuser en cas de problèmes si l’on annule la course, etc. Car si le CAS a financé des améliorations et apporté plus de confort dans ses cabanes, cela n’a pas  amené plus de savoir-vivre et de politesse à ses pensionnaires…

Bref, pour nous , ce week-end là, il faisait beau, il faisait chaud, il faisait bon vivre tout là-haut sur la montagne. 10 participants les sacs pleins d’entrain et de bonne humeur. Il en faut pas mal pour monter à la cabane Mischabel, car c’est un « bocon mal plat », un « chouilla pti peu long » ( on s’en rend compte surtout le lendemain à la descente), mais la montée est ludique, équipée en via-ferrata. Il y a presque autant de ferraille que sur la dentition d’un adolescent pré-pubère.

Tout le monde arrive à la cabane en bon état, on boit un petit jus. Quelques uns vont reconnaître le départ de la course du lendemain. Puis il faut penser à former les cordées. Là, gros problèmes ! Voilà que les 2 présidents des sociétés organisatrices, visent la petite variante qui part à gauche…Moi, je suis tout « émoustillé » par la proposition, mais je suis plein de remords à laisser les autres pour la course prévue initialement.  En plus, pour les autres, personne se déteste vraiment et tout le monde veut bien faire équipe avec tout le monde. Alors ont décide de ne rien décider. Peut-être qu’en buvant un verre de rouge au souper cela va nous amener un peu d’esprit de décision. Alors on en boit deux. Après souper, ayant bien pensé à réfléchir, nous sommes arrivés à former des cordées homogènes, en forçant amicalement les participants à faire équipe avec leurs meilleures amis…

C’est pas facile d’être Vaudois…

Si ça intéresse quelqu’un :

- 7 personnes sont montées au Nadelhorn-4327m. par la voie normale. Montée sur une moraine, puis traversée d’un glacier pour monter à un col enneigé. Suivre l’arête en neige dure et rochers pour arriver au sommet. Descente par le même itinéraire.
 
- 3 personnes sont montées à la Lenzspitze-4294m. par l’arête N-Est, puis traversée sur le Nadelhorn-4327m. par l’arête aérienne N-Ouest. Superbes conditions, rocher sec, quelques jolis passages d’escalades. Descente par l’itinéraire de la voie normale du Nadelhorn.

 

Après avoir regagné la cabane Mischabel, tout le monde descend sur la station supérieure du télécabine, où nous nous attendons pour boire un gros jus.

Là, tout le monde était d’accord de rentrer par la vallée du Rhône et de faire le col des Mosses. C’est beau l’unité…

Merci pour l’attention et à l’année prochaine !

André